Avec Paper Lab, les organisations deviennent actrices du recyclage papier

Epson a présenté sa dernière innovation le 12 mars dans ses locaux de Clichy : une machine des temps modernes qui, sans produits chimiques ni eau, de façon mécanique, transforme les feuilles A4 et A3 usagées en nouvelles feuilles vierges et prêtes à l’emploi. Une façon selon le fabricant d’introduire l’économie circulaire dans l’entreprise, et valoriser ainsi les politiques RSE.


Déjà en fonction au Japon dans ses locaux depuis 6 ans, la machine à upcycler le papier d’Epson est désormais commercialisée en France. Destinée aux grandes organisations qui veulent afficher leurs actions RSE concrètes, le Paper Lab fonctionne sans eau ni produits chimiques.


Un procédé mécanique, sans eau ni produits chimiques


La machine est capable de traiter tous types de papiers dès lors qu’il n’y a pas eu d’adjonction de plastique (pas de papier glacé par exemple), et quelle que soit l’encre et l’impression du papier (jet d’encre ou laser).

Pendant un cycle de 3 minutes, le papier est d’abord broyé et réduit en poudre cotonneuse qui passera ensuite sous une presse qui lui redonnera une forme compacte et plate. Il est possible de choisir l’épaisseur de la feuille en sortie.

Les feuilles qui sortent sont relativement blanches, bien qu’il n’y ait eu aucun ajout de chlore, et d’un toucher bluffant. Il est possible de colorer le papier grâce aux encres prévues à l’intérieur de la machine – petite ombre à la palette éco-responsable du produit.

10 % de déchets sont produits : séparés dans deux bacs à l’arrière de la machine, ils représentent un mélange de fibres, de minéraux et d’encre qui ont été extraits lors du processus.


Budget du Paper Lab : environ 7000 euros par mois


Thierry Bagnaschino, le directeur marketing France d’Epson, nous l’affirme : « cet up-cycler répond à de nombreux besoins et enlève certains coûts cachés comme ceux pour faire venir un recycleur pour les déchets papier en entreprise. »


Dans les atouts relevés par le directeur marketing, on notera :

  • l’aspect confidentialité et sécurité : les documents confidentiels peuvent en effet être détruits directement sur place et ne peuvent pas être reconstitués une fois passés par la machine, qui a par ailleurs la certification Iso / Iec 21694

  • le recyclage du papier in situ : obligation légale, recycler son papier dans l’entreprise évite des coûts de transports et économise de l’eau, la machine ne nécessitant que 2 litres d’eau pour des besoins de constante d’hydrométrie.

  • les efforts RSE de l’entreprise deviennent visibles, via notamment la réduction des émissions de CO2 et de la consommation d’eau en ne faisant pas appel à un recycleur traditionnel externe. Le fabricant indique ainsi : « Avec cette innovation, on utilise 1,9 L d’eau pour une ramette de 500 feuilles alors qu’aujourd’hui, pour une imprimante standard, on utilise 120 L d’eau pour 500 feuilles. Soit une économie de 95% d’eau. »


Cette machine, capable d’éditer 6700 pages à l’heure, a un coût non négligeable : 5000 euros par mois en leasing auxquels il faut ajouter 2000 € mensuels pour les consommables et l’entretien.

Il est à noter par ailleurs que la machine ne fonctionne pas avec plus de 10 % de papiers déjà issus d’un premier cycle de Paperlab. Ne comptez donc pas sur une complète autonomie à terme dans l’achat de papier.

Mais ce papier recyclé sera parfait pour éditer cartes de visites et documents de communication sur les efforts RSE de l’organisation. Et c’est déjà pas mal !

Pour voir le procédé :