Club des Chocolatiers engagés : les artisans s’organisent pour une filière du chocolat durable, éthique et de qualité

A l’occasion des 100 ans de la Confédération des Chocolatiers Confiseurs de France (CCCF), et dans le cadre de la journée mondiale du Cacao le 1er octobre, les artisans membres ont annoncé la création du Club des Chocolatiers Engagés. Qualité, traçabilité, respect des femmes et des hommes : l’objectif est que les artisans eux-mêmes reprennent la main sur la filière du cacao, en amont et en aval.

Cela fait déjà 3 ans que des artisans engagés bénévoles développent une démarche de chocolatiers engagés. Avec le Club, l’idée est d’aller plus loin. « Cette démarche permet (..) de créer une filière noble, éthique et de qualité aux valeurs proches de celles de nos adhérents » a expliqué Frédéric Chambeau, Président de la CCCF.

« En tant que petite-fille de cacaoculteurs, j’ai toujours vu ma famille travailler dur pour produire le cacao, mais avoir des difficultés à en vivre , a témoigné Euphrasie Mbamba, Artisane Belge en 2017 et Meilleure Chocolatière Gault & Millau, Wallonie-Luxembourg en 2019 lors du lancement officiel. C’est pourquoi participer à ce Club est une grande fierté pour moi. »

Le cacaoculteur est en effet remis au centre de la démarche et participe pleinement à la construction de cette filière qui se veut d’exception. Le Club va permettre de certifier un système avec des coopératives qui rémunèrent mieux qu’ailleurs les producteurs, tout en garantissant la qualité du produit.

Pour une filière durable, initiée et mise en place par les artisans eux-mêmes

Fixé par le Club en concertation avec les coopératives, le prix d’achat du cacao payé aux planteurs est fixe, non négociable ensuite par les acheteurs et au-dessus du prix du marché. Comme la filière s’organise en circuit court, en limitant le nombre d’intermédiaires, ce prix garanti permet de mieux partager la valeur, sans pour autant alourdir le prix côté artisan.

Dans une démarche durable et de partenariats forts et de confiance, les acheteurs sont aussi invités à préfinancer le cacao qu’ils reçoivent ensuite au terme de la récolte.

Qualité du produit et traçabilité de la chaîne

Un des gros points d’attention des chocolatiers engagés porte sur la qualité du produit. Aujourd’hui, il faut savoir que pour aller plus vite et mieux rentabiliser la filière, beaucoup de producteurs sacrifient le temps de fermentation nécessaire pour développer les arômes. De fait, un goût uniforme se développe et il devient complexe de faire la différence entre un chocolat qui vient du Brésil d’un chocolat qui vient du Cameroun.

En reprenant la main sur sa filière, le Club des chocolatiers engagés entend revaloriser la variété des saveurs. Les coopératives parties prenantes s’engagent ainsi, selon un cahier des charges définis par le Club, à mettre en place un processus post-récolte adapté à chaque origine, avec un temps contrôlé de fermentation et de séchage qui garantissent des propriétés organoleptiques de qualité pour le cacao.

Suivant les méthodes d’agroforesterie, le cacao issu des coopératives paysannes labellisées est vertueux et durable et peut être considéré de fait comme bio, bien que n’étant pas à proprement parlé labellisé comme tel. Un accompagnement de création de plantation pilote qui formerait au bio 1800 jeunes sur trois ans est toutefois sur les rails.

Redonner des ambitions et une dignité aux femmes en particulier

Car le Club des chocolatiers engagés, au-delà de l’engagement éthique, c’est aussi un investissement humain où le respect des hommes et des femmes qui travaillent dans les plantations sont au cœur de la démarche. S’il est évident qu’aucun enfant ne peut travailler dans les coopératives labellisées, la place des femmes dans les coopératives est particulièrement valorisée : le label du Club impose par exemple qu’elles soient présentes dans les conseils d’administration des coopératives.

Un système d’épargne salariale a également été mis en place : une partie des revenus de la vente est ainsi mis de côté pour financer ensuite l’éducation des enfants des paysans qui travaillent dans les coopératives.

Du chocolatier au boulanger : le label est ouvert à tous les artisans qui partagent les valeurs du Club

Tout utilisateur de chocolat, qu’il soit restaurateur, glacier, boulanger, chocolatier, crêpier ou autre, peut rejoindre le Club Chocolatiers Engagés s’il achète et utilise ce chocolat engagé et partage les valeurs du Club.

Une fois adhérent*, chaque artisan discute en direct avec la coopérative et gère lui-même son approvisionnement : le Club est là pour certifier l’ensemble du système et la fiabilité de la chaine, et mettre les artisans en relation avec les coopératives paysannes locales.

Argument commercial supplémentaire, l’artisan engagé pourra ensuite estampiller les produits concernés par ce chocolat équitable du logo Chocolatiers Engagés.

Pour le moment, seules des coopératives au Cameroun remplissent le cahier des charges rigoureux du Club, ce qui représente seulement 150 à 200 tonnes par an. Les approvisionnements seront probablement insuffisants à date pour satisfaire toutes les demandes. Mais le Club des Chocolatiers Engagés compte bien augmenter les coopératives parties prenantes du projet.

Impulser la démarche et sensibiliser toute la chaine de production via ces premiers planteurs labellisés au Cameroun est la clé pour reprendre la main sur la matière première de la filière, le Club en est convaincu. C’est sans doute un pari gagnant plébiscités par les clients, toujours plus désireux de comprendre les chaines de production de ce qu’ils consomment.

*le prix de l’adhésion annuelle est de 260€ pour les membres de la Confédération des Chocolatiers Confiseurs de France, et de 310€ pour les non-membres.

Pour en savoir plus :
Le Club des chocolatiers engagés
La carte France des chocolatiers engagés