Le rapport 2025 de l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises dresse un panorama de l’évolution de la place des femmes dans les instances dirigeantes et dans la gouvernance des entreprises françaises. Voici les principaux enseignements à retenir.
Les chiffres montrent une amélioration continue de la présence des femmes aux postes de direction. Toutefois, cette progression reste inégale selon les secteurs et les niveaux hiérarchiques. Si le nombre de femmes dans les conseils d’administration a augmenté sous l’effet des obligations légales (loi Copé-Zimmermann et loi Rixain), leur présence dans les comités exécutifs et à la tête des entreprises reste en retrait.
Un impact des politiques publiques et des réglementations
Les mécanismes de quotas et les obligations de reporting en matière d’égalité professionnelle ont joué un rôle déterminant dans l’accélération de la féminisation des instances de gouvernance. Toutefois, ces mesures ne suffisent pas à garantir une parité réelle, notamment pour les postes à haute responsabilité, où les nominations restent encore largement masculines.
Des disparités sectorielles marquées
Certains secteurs, comme la finance et les services, affichent des taux de féminisation plus élevés que l’industrie ou les nouvelles technologies. Cette situation s’explique par des cultures d’entreprise différentes et des freins structurels liés à l’accès aux carrières scientifiques et techniques pour les femmes.
La mixité comme levier de performance
La mixité au sein des entreprises contribue significativement à leur performance pour plusieurs raisons :
- Une meilleure prise de décision : les équipes diversifiées offrent une pluralité de points de vue et permettent une prise de décision plus équilibrée et innovante.
- Une attractivité accrue : les entreprises favorisant l’égalité hommes-femmes attirent davantage de talents et améliorent leur marque employeur.
- Un impact positif sur la rentabilité : de nombreuses études montrent une corrélation entre la mixité dans les instances dirigeantes et une meilleure performance financière.
- Une culture d’entreprise plus inclusive : la présence équilibrée des femmes et des hommes favorise un environnement de travail plus collaboratif et une meilleure rétention des employés.
Enjeux et perspectives
Pour aller plus loin dans la féminisation des entreprises, plusieurs leviers peuvent être activés :
- le développement de dispositifs de mentorat et de réseaux de soutien pour les femmes cadres.
- une meilleure prise en compte de la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle.
- l’intégration de critères de mixité dans les stratégies RH et les plans de succession des entreprises.
En conclusion, bien que des progrès notables aient été réalisés, le rapport souligne qu’il reste encore du chemin à parcourir pour atteindre une parité équilibrée, notamment aux postes de direction stratégique.